Une conversation avec Elinda San

Sur notre fil d'actualité Twitter, sur Instagram ou dans un clip vidéo de WizKid, nous avons tous déjà vu le visage d'Elinda San. La jeune femme s'est faite connaitre sur les réseaux sociaux il y a quelques années, et est en pleine ascension. Nous l'avons rencontré pour notre numéro du mois d'octobre à Zanzibar, au cours d'une conversation très intéressante.

Crédits

Photographe  : Louise K. Mambi
Lieu : Zanbluu Beach Hotel, Zanzibar

Modèle et directrice artistique, tu t’es faite connaître sur les réseaux sociaux. Le monde du modeling t’a-t-il toujours intéressé ?

J’ai toujours été intéressée par les arts, la musique, la photographie, le graphisme… Je voulais devenir graphiste quand j’étais plus jeune. Au final je me suis intéressée au maquillage. J'ai travaillé pour de nombreuses marques pendant quelques années et lorsque je travaillais en tant que maquilleuse, la plupart du temps mes collègues avaient tendance à me demander si je pouvais poser pour elles, leur servir de modèle… J’ai rencontré pleins de photographes qui me demandaient si je pouvais leur servir de modèle. Je suis une personne assez en retrait de base et j’ai décidé, au lieu de rester en retrait, de prendre ma chance et de faire ce que je savais faire de mieux au niveau de mes looks et de mon univers.

Tu continues le maquillage?

Je le fais essentiellement sur moi et mes shoots. C’est vrai que maintenant j’ai tendance à aller vers des choses plus naturelles… Sur la plupart de mes photos je me maquille de moins en moins. Quand j’étais plus jeune je me maquillais beaucoup plus, c’était beaucoup plus chargé, plus coloré mais j'essaie vraiment de plus m’accepter avec le temps.

Est-ce que tu penses que les réseaux sociaux t’ont aidé à plus t’accepter ou c’est vraiment la maturité ?

C’est beaucoup plus la maturité. Les réseaux sociaux... même s’il y a une partie très positive, les gens t’envoient beaucoup d’amour et il y a beaucoup de soutien, ce qui est juste génial et ce dont je suis vraiment reconnaissante, les gens sont aussi très critiques quand tu vas poster certaines choses. Il y a des choses que tu ne remarques même pas et il y a des gens qui vont venir t’attaquer sur des choses dont tu n’as jamais pris conscience. Cela peut meme te créer des complexes au final. J’essaie de vraiment de faire abstraction et toujours faire des recherches sur le pourquoi du comment et mieux comprendre la société de nos jours. C’est ce qui fait que je pense qu’avec le temps j’arrive à beaucoup plus m’accepter, à beaucoup moins me maquiller, que ce soit porter des perruques ou porter mes cheveux naturels… vraiment être moi-même à 100%. J’essaie de me détacher de la pression que le regard des gens peut porter sur moi.

Et la direction artistique ?

Je suis directrice artistique pour mon propre monde et à coté de ça j’aide beaucoup de personnes qui viennent et me sollicitent sur comment est-ce qu’elles peuvent améliorer leur contenu, comment je suis rentrée dans le monde de l’influence, au niveau des réseaux sociaux... Ce genre de choses. Ce qui est aussi assez cool c’est voir que des personnes viennent vers moi, me demandent comment je fais pour beaucoup plus m’accepter en tant que femme, grande et noire... tout ça a une portée juste énorme. Je ne m’attendais pas une telle portée grâce aux réseaux sociaux ni de pouvoir impacter autant de personnes et je pense que c’est assez cool. C’est ce que je retiens le plus de tout ça.

La question de la représentation est très importante pour toi, tu en as parlé plusieurs fois. Qu’est-ce que tu aimerais voir plus dans l’industrie ?

Je pense que certes, on commence à avoir beaucoup d’ouverture au niveau du grand public et des marques mais je trouve que ça reste quand même assez restreint et je ne vois pas assez de diversité, de représentation au niveau de la femme noire par exemple. Et je trouve ça un peu dommage qu’il y ait vraiment qu’une « version » de la femme noire qui soit acceptable dans certains endroits, encore. J’espère qu’avec le temps, ce qui pourra vraiment être fait c’est d’avoir tous types de personnes avec toutes formes de visages, tous types de morphologie, vraiment… que ça soit des nez plus épatés, des nez fins... Peu importe en fait. J’aimerais vraiment voir ce coté et qu’il y ait moins de codes, moins de cases. A Paris, en France surtout, je trouve qu’il y a trop de cases, il y a trop de codes… Il y a un moule et tout le monde essaie un peu de se conformer et si tu ne te conformes pas vraiment à ça, tu n’es pas forcément accepté. Je trouve que ça force les gens à partir et ça pousse la plupart des talents et des personnes qui sont merveilleuses et qui sont sur place à s’expatrier. Je pense qu’il y a du bon et du mauvais car lorsque l'on a grandi ici et qu’on a appris les codes et la culture on a envie d’etre accepté mais d’un coté je me dis qu’il n'y a pas forcément besoin de forcer les choses et qu'il faut juste aller là où on a envie d’être tout simplement. Même s’il faut voyager et partir.

Louise K. Mambi

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